Les deux orphelines


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La pièce

A la fin du règne de Louis XVI, la famine règne en France. Les marginaux divers, les protestants, les vagabonds, les prostituées et les orphelines sont conduits à la Salpétrière, bagne d’où les jeunes filles peuvent être expédiées en Amérique afin d’y être mariées de force et d’y peupler les colonies françaises. Lieu aussi où tous les autres ne viennent pas troubler un ordre établi. Les députés se réunissent salle des Menus Plaisirs puis salle du Jeu de Paume, luttant pour faire tomber les privilèges d’une noblesse qui va bientôt s’écrouler sous la pression du peuple. On parle de Diderot, de d’Alembert, de Beaumarchais dont la pièce La folle journée (plus connue sous le titre du Mariage de Figaro) est acclamée par la foule. Deux jeunes sœurs, dont l’une est aveugle, arrivent de province dans un Paris qu’elles ne connaissent pas et où règnent pauvreté, noblesse, mensonges, fourberies, bagarres de capes et d’épées, musique, émotions. Ingrédients qui font de cette pièce un véritable régal. Que vont-elles devenir ? Leur âme si pure sera-t-elle ébranlée ? Mais la morale est sauve. C’est donc que la pièce finit bien !

L’auteur

Hormi leurs œuvres, difficile de trouver une biographie sur les deux auteurs des deux Orphelines, et en particulier sur Eugène CORMON (né en 1811 et mort en 1903). Car Adolphe PHILIPPE semble, lui, un peu plus connu. D’ENNERY (son nom d’artiste) est un auteur dramatique, né en 1811 et mort en 1899, qui écrit souvent en collaboration des mélodrames sur des sujets soit originaux (Gaspard Hauser, 1838 ; Don Cesar de Bazan, 1844), soit adaptés de romans écrits par d’autres écrivains, comme Jules VERNE (Le Tour du Monde en 80 Jours, 1873 ; Michel Strogoff, 1876). Il rédige aussi des livrets d’opéra (Le Tribut de Zamora, musique de Gounod, 1881 ; Le Cid, musique de Massenet, 1885) et finit par devenir un auteur à succès, d’une grande fécondité, qui déplace les foules sur les scènes de boulevard.

Sa pièce la plus connue est donc Les Deux Orphelines (1874), un triomphe théâtral d’abord dont ses deux auteurs développent le thème en un long roman aux éditions Rouff. Publié dans un premier temps en fascicules à 10 centimes, ce gros récit devient livre en 1895, et jamais son succès ne se démentira. C’est un condensé des grands thèmes de ce qu’on a appelé « le roman larmoyant », forme dominante de la littérature populaire française de la fin du XIXe siècle : mystère des origines (deux orphelines en quête d’identité), péché et expiation, mélodrame (une aveugle perdue dans la ville), peinture des bas-fonds, mais aussi récit d’aventures, le tout structuré par l’idéologie du temps, la primauté de la famille. La forme est également caractéristique : épisodes gigognes, récits secondaires, coïncidences, coups de théâtre avivant la curiosité du lecteur et permettant in fine de tout recentrer sur l’intrigue principale. Cette œuvre connaît plusieurs adaptations au cinéma, notamment en 1921 par David Wark Griffith (1875-1948), qui transpose l’histoire à l’époque de la Révolution française (Orphans in the storm).

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